Navratri, une neuvaine hindoue pour vaincre la nuit noire de l’âme

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Statut de Maha Durga couronnée d'or, portant un sari rouge écarlate. Ces bras multiples portent toutes les armes nécessaires à la destruction de l'ignorance. Temple de Calcutta, fond bleu turquoise et vieil or.


La Déesse Durga, Grande Mère de l’Univers, auréolée de gloire et impassible, terrassant les démons intérieurs tapis dans l’obscurité de notre conscience. Dans l’hindouisme, les démons sont le symbole de l’ignorance de notre nature divine. Cette ignorance est la cause de toutes nos souffrances.

Bouquet de fleurs d'automne jaunes, orangées et rouges et marron. Offrande de Navratri

En ce premier jour d’automne, des millions d’hommes et de femmes en Inde et dans le monde se préparent à fêter Navratri, les « neuf nuits de la Déesse ». Du 22 septembre au 2 octobre, danses, musiques, et couleurs chatoyantes vont emplir les maisons, temples et cœurs de joie et de beauté.

Mais derrière ces traditions folkloriques qui rythment le temps se cache une vérité profonde bien connue des Yogis : les fêtes religieuses sont des temps particulièrement propices à l’évolution spirituelle.

Dans le mythe ancien du Devī Māhātmyam ou Gloire de la Déesse***, neuf formes de la Déesse Durga (Navdurga) affrontent neuf démons redoutables. Chacune des batailles contées dans Devī Māhātmyam se solde toujours par une victoire éclatante de la Déesse. 


Mythe et mise en garde contre l’ennemi intérieur

En réalité, les démons de ce conte initiatique et spirituel représentent notre propre ennemi intérieur, bien souvent protéiforme : l’inertie, l’orgueil, la colère, la confusion, le doute, la peur. Ce vieil ennemi des Yogi, l’ego, qui se croit séparé du Divin, ne produit que dualité, et donc violence.

Vous savez maintenant pourquoi les mythologies sont aussi violentes. Elles nous mettent en garde contre les effets délétères de la dualité.

Dans la philosophie du Yoga, l’ego est une anomalie de la conscience qui se développe et prend le contrôle de notre existence. L’ego apparaît quand l’âme humaine oublie sa véritable nature divine.

––Culture du Sat Yuga

Le mythe, ou la voix du Père éternel qui réveille l’âme-enfant endormie

Les Yogis des temps anciens, qui étaient non seulement mystiques, mais aussi conteurs-poètes et pédagogues, nous ont offert des récits à divers degrés de profondeur pour nous mettre en garde contre l’ego, cette supercherie imaginaire…qui fait très, très mal.

Cette mise en garde, c’est par le mythe, conte peuplé de symboles éternels (ou archétypes) qu’ils nous l’adressent.

Les mythologies parlent à la fraîcheur enfantine de notre âme. Comme une histoire captivante que conterait un grand-père à ses petits enfants, elles nous communiquent dans une langue imagée, ce dont nous avons besoin à un moment donné de notre parcours spirituel. Mais la quintessence du message divin demeure intact, sans ambiguïté, au cœur même des discours symboliques, à jamais imprégnés de puissance spirituelle et de vérité.

💡 Légende: Pour fêter Navratri, pourquoi ne pas organiser une soirée contes spirituels pour tous et conter une histoire du Devi Mahatmyam? 😇

Navratri, dont les rituels et mythologies sont poétiques à souhait, nous invite donc à aller au-delà du rite.

Toutes les fêtes religieuses sont des marques divines sur le temps humain, des rappels, autant d’échos spirituels nous invitant à cheminer sans tarder vers le Soi-Dieu, à discerner ce qui relève de notre nature divine véritable de ce qui est éphémère, et donc, fatalement douloureux, souffrant, comme on dit au Québec. 

Photo: éléments de puja, rituel hindou de propitiation présentant un plateau, des fleurs, et cinq lampes à huile brillant dans la nuit

Ces neufs nuits de la Déesse redisent autrement cette nuit noire de l’âme de Saint Jean-de-la-Croix, ce moment décisif où les forces contraires de la dualité nous apparaissent dans leur aspect le plus hideux, mais aussi, le plus illusoire. Car c’est bien la lumière qui annihile l’obscurité.

Une bonne fois pour toute, à tout jamais, nous dit l’hindouisme.

––Culture du Sat Yuga

***Nous vous proposerons des passages traduits du Devi Mahatmyam durant ce festival (du 22 septembre au 2 octobre).

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2 réponses

  1. […] festival de Navratri, présenté dans la première partie de cet article, se termine le 2 octobre par la célébration de la victoire du Bien, la connaissance de notre […]

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