
La Déesse Durga, Grande Mère de l’Univers, auréolée de gloire et impassible, terrassant les démons intérieurs tapis dans l’obscurité de notre conscience. Dans l’hindouisme, les démons sont le symbole de l’ignorance de notre nature divine. Cette ignorance est la cause de toutes nos souffrances.

En ce premier jour d’automne, des millions d’hommes et de femmes en Inde et dans le monde se préparent à fêter Navratri, les « neuf nuits de la Déesse ». Du 22 septembre au 2 octobre, danses, musiques, et couleurs chatoyantes vont emplir les maisons, temples et cœurs de joie et de beauté.
Mais derrière ces traditions folkloriques qui rythment le temps se cache une vérité profonde bien connue des Yogis : les fêtes religieuses sont des temps particulièrement propices à l’évolution spirituelle.
Dans le mythe ancien du Devī Māhātmyam ou Gloire de la Déesse***, neuf formes de la Déesse Durga (Navdurga) affrontent neuf démons redoutables. Chacune des batailles contées dans Devī Māhātmyam se solde toujours par une victoire éclatante de la Déesse.
Mythe et mise en garde contre l’ennemi intérieur
En réalité, les démons de ce conte initiatique et spirituel représentent notre propre ennemi intérieur, bien souvent protéiforme : l’inertie, l’orgueil, la colère, la confusion, le doute, la peur. Ce vieil ennemi des Yogi, l’ego, qui se croit séparé du Divin, ne produit que dualité, et donc violence.
Vous savez maintenant pourquoi les mythologies sont aussi violentes. Elles nous mettent en garde contre les effets délétères de la dualité.
Dans la philosophie du Yoga, l’ego est une anomalie de la conscience qui se développe et prend le contrôle de notre existence. L’ego apparaît quand l’âme humaine oublie sa véritable nature divine.
––Culture du Sat Yuga
Le mythe, ou la voix du Père éternel qui réveille l’âme-enfant endormie
Les Yogis des temps anciens, qui étaient non seulement mystiques, mais aussi conteurs-poètes et pédagogues, nous ont offert des récits à divers degrés de profondeur pour nous mettre en garde contre l’ego, cette supercherie imaginaire…qui fait très, très mal.

Cette mise en garde, c’est par le mythe, conte peuplé de symboles éternels (ou archétypes) qu’ils nous l’adressent.
Les mythologies parlent à la fraîcheur enfantine de notre âme. Comme une histoire captivante que conterait un grand-père à ses petits enfants, elles nous communiquent dans une langue imagée, ce dont nous avons besoin à un moment donné de notre parcours spirituel. Mais la quintessence du message divin demeure intact, sans ambiguïté, au cœur même des discours symboliques, à jamais imprégnés de puissance spirituelle et de vérité.
💡 Légende: Pour fêter Navratri, pourquoi ne pas organiser une soirée contes spirituels pour tous et conter une histoire du Devi Mahatmyam? 😇
Navratri, dont les rituels et mythologies sont poétiques à souhait, nous invite donc à aller au-delà du rite.
Toutes les fêtes religieuses sont des marques divines sur le temps humain, des rappels, autant d’échos spirituels nous invitant à cheminer sans tarder vers le Soi-Dieu, à discerner ce qui relève de notre nature divine véritable de ce qui est éphémère, et donc, fatalement douloureux, souffrant, comme on dit au Québec.

Ces neufs nuits de la Déesse redisent autrement cette nuit noire de l’âme de Saint Jean-de-la-Croix, ce moment décisif où les forces contraires de la dualité nous apparaissent dans leur aspect le plus hideux, mais aussi, le plus illusoire. Car c’est bien la lumière qui annihile l’obscurité.
––Culture du Sat Yuga
Une bonne fois pour toute, à tout jamais, nous dit l’hindouisme.
***Nous vous proposerons des passages traduits du Devi Mahatmyam durant ce festival (du 22 septembre au 2 octobre).



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