đŸ•‰ïž Yoga SĆ«tra de Patañjali

Introduction ‱ Table des matiùres ‱ Chapitre 1 ‱ Chapitre 2 ‱ Chapitre 3 ‱ Chapitre 4

Main d’une statue en mĂ©tal effectuant un mudrā, montrant des motifs gravĂ©s au centre de la paume.

Chapitre 2 – Sādhana Pāda
Chapitre sur la pratique spirituelle


2.1 — La pratique repose sur l’austĂ©ritĂ© sincĂšre, l’étude spirituelle et la dĂ©votion Ă  Dieu.

2.2 — Elle dissipe les obstacles et conduit au samādhi.

2.3 — L’ignorance, l’ego, l’attachement, l’aversion et l’attachement à la vie sont les cinq causes de souffrance.

2.4 — L’ignorance est le terrain de dĂ©veloppement des autres causes de souffrance, qu’elles soient latentes, affaiblies, interrompues ou pleinement actives.

2.5 — L’ignorance consiste Ă  confondre l’impermanent avec le permanent, l’impur avec le pur, le douloureux avec l’agrĂ©able, et le non-Soi avec le Soi.

2.6 — L’ego est l’identification du pouvoir de l’Observateur avec les instruments de la perception.

2.7 — L’attachement naĂźt de l’identification Ă  une expĂ©rience agrĂ©able.

2.8 — L’aversion naĂźt de l’identification Ă  une expĂ©rience douloureuse.

2.9 — [S’attacher Ă  l’existence] demeure par sa propre force, mĂȘme chez le sage.

2.10 — Dans leur Ă©tat subtil, ces causes de souffrance sont dissoutes en les ramenant Ă  leur cause.

2.11 — Lorsqu’elles sont actives, elles sont apaisĂ©es par la mĂ©ditation.

2.12 — Les actions accumulĂ©es possĂšdent une racine qui porte ses fruits dans cette vie ou dans d’autres : naissance, durĂ©e de vie et expĂ©riences agrĂ©ables ou douloureuses.

2.13 — Tant que la cause existe, ses effets se manifestent : naissance, longĂ©vitĂ© et expĂ©riences.

2.14 — Les actions vertueuses produisent des fruits agrĂ©ables ; les actions non-vertueuses, des fruits douloureux.

2.15 — Pour celui qui voit clairement, tout est souffrance, en raison du changement, de l’anxiĂ©tĂ©, des empreintes mentales et des conflits entre les tendances du mental.

2.16 — La souffrance qui n’est pas encore venue peut ĂȘtre Ă©vitĂ©e.

2.17 — Cette souffrance provient de la confusion entre l’Observateur et l’observable.

2.18 — L’observable est constituĂ© des trois guáč‡a: lumiĂšre, activitĂ©, inertie. [L’observable] existe pour offrir l’expĂ©rience et la libĂ©ration Ă  l’Observateur.

2.19 — Les Ă©tats de l’observable sont le spĂ©cifique, le non-spĂ©cifique, le dĂ©fini et l’indĂ©fini.

2.20 — L’Observateur est pure vision. Bien que pur, il voit la personnalitĂ© conditionnĂ©e.

2.21 — L’observable existe uniquement pour l’Observateur.

2.22 — Bien que l’observable cesse d’exister pour celui qui est libĂ©rĂ©, il demeure pour les autres, car il est commun Ă  tous.

2.23 — L’union entre l’Observateur et l’observable permet de connaĂźtre leur vĂ©ritable nature et de parvenir Ă  la libĂ©ration.

2.24 — L’ignorance est la cause de cette union.

2.25 — Quand l’ignorance disparaĂźt, l’union cesse : c’est la libĂ©ration de l’Observateur.

2.26 — La connaissance juste, continue et ininterrompue, dissipe l’ignorance.

2.27 — Pour celui qui l’a atteinte, la sagesse se dĂ©ploie en sept Ă©tapes. [**]

2.28 — Par la pratique constante des Ă©tapes du Yoga, les impuretĂ©s disparaissent, la lumiĂšre de la sagesse brille, conduisant au discernement.

2.29 — Les huit Ă©tapes du Yoga sont :
– yama,
– niyama,
– āsana,
– prāáč‡Äyāma,
– pratyāhāra,
– dhāraáč‡Ä,
– dhyāna,
– samādhi.

2.30 — Les yama sont la non-violence, la vĂ©ritĂ©, la non-appropriation, la chastetĂ© et la non-aviditĂ©.

2.31 — Ces principes sont universels, valables en tout temps, en tout lieu, quelles que soient les circonstances.

2.32 — Les niyama sont la puretĂ©, le contentement, l’austĂ©ritĂ© sincĂšre, l’étude spirituelle et la dĂ©votion Ă  Dieu.

2.33 — Face Ă  une pensĂ©e nĂ©gative, on cultive son contraire.

2.34 — Les pensĂ©es ou actions nĂ©gatives (commises, encouragĂ©es ou approuvĂ©es) qu’elles soient faibles, moyennes ou intenses, naissent de l’aviditĂ©, de la colĂšre ou de l’illusion, et produisent toujours ignorance et souffrance. La rĂ©flexion juste consiste Ă  reconnaĂźtre qu’elles conduisent inĂ©vitablement Ă  la douleur.

2.35 — En prĂ©sence de celui qui est fermement Ă©tabli dans la non-violence, toute hostilitĂ© cesse.

2.36 — Quand la vĂ©ritĂ© est parfaitement Ă©tablie, ses paroles portent naturellement leurs effets.

2.37 — Quand la non-appropriation est parfaitement Ă©tablie, toutes les richesses viennent spontanĂ©ment.

2.38 — Quand la chastetĂ© est parfaitement Ă©tablie, la force vitale grandit.

2.39 — Quand la non-aviditĂ© est parfaitement Ă©tablie, la connaissance du sens profond de l’existence apparaĂźt.

2.40 — De la puretĂ© naĂźt le respect de son propre corps et le dĂ©tachement envers les autres corps.

2.41 — De la puretĂ© naissent la clartĂ©, la joie intĂ©rieure, la concentration, la maĂźtrise des sens et l’aptitude Ă  la RĂ©alisation du Soi.

2.42 — Par le contentement, le bonheur suprĂȘme est atteint.

2.43 — Par l’austĂ©ritĂ© sincĂšre, les impuretĂ©s sont dĂ©truites et les capacitĂ©s latentes se manifestent.

2.44 — Par l’étude spirituelle, on entre en communion avec la divinitĂ© choisie.

2.45 — Par la dĂ©votion Ă  Dieu, le samādhi est atteint.

2.46 — La posture doit ĂȘtre stable et aisĂ©e.

2.47 — En attĂ©nuant la tendance Ă  l’agitation et en mĂ©ditant sur l’infini, la posture devient stable et aisĂ©e.

2.48 — Une fois la posture maĂźtrisĂ©e, les dualitĂ©s cessent d’ĂȘtre des obstacles.

2.49 — Ensuite vient la rĂ©gulation de l’inhalation et de l’exhalation.

2.50 — Les modifications du souffle sont externes, internes ou immobiles. Elles sont rĂ©gulĂ©es par l’endroit [du corps oĂč elles se produisent], la durĂ©e et le nombre, et peuvent ĂȘtre longues ou courtes.

2.51 — Le quatriĂšme type est l’arrĂȘt spontanĂ© du souffle.

2.52 — Par cette maĂźtrise, le voile qui recouvrait la lumiĂšre intĂ©rieure se dissipe.

2.53 — L’esprit devient alors apte à la concentration.

2.54 — Le retrait des sens consiste Ă  les dĂ©tourner de leurs objets pour les ramener vers l’intĂ©rieur.

2.55 — Alors s’établit la maĂźtrise parfaite des sens.

[**] Note sur les sutras 2.27 et 2.29:
Samādhi, stade de sagesse ultime et aboutissement du Yoga, est la huitiÚme et derniÚre étape implicite, que le sutra 2.29 cite nommément. Ces deux sutras définissent le Yoga Ashtanga, qui signifie

« Union en huit étapes »

Fin du chapitre Sādhana Pāda
(Chapitre sur la pratique spirituelle)

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