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Chapitre 2 – SÄdhana PÄda
Chapitre sur la pratique spirituelle
2.1 â La pratique repose sur lâaustĂ©ritĂ© sincĂšre, lâĂ©tude spirituelle et la dĂ©votion Ă Dieu.
2.2 â Elle dissipe les obstacles et conduit au samÄdhi.
2.3 â Lâignorance, lâego, lâattachement, lâaversion et lâattachement Ă la vie sont les cinq causes de souffrance.
2.4 â Lâignorance est le terrain de dĂ©veloppement des autres causes de souffrance, quâelles soient latentes, affaiblies, interrompues ou pleinement actives.
2.5 â Lâignorance consiste Ă confondre lâimpermanent avec le permanent, lâimpur avec le pur, le douloureux avec lâagrĂ©able, et le non-Soi avec le Soi.
2.6 â Lâego est lâidentification du pouvoir de lâObservateur avec les instruments de la perception.
2.7 â Lâattachement naĂźt de lâidentification Ă une expĂ©rience agrĂ©able.
2.8 â Lâaversion naĂźt de lâidentification Ă une expĂ©rience douloureuse.
2.9 â [S’attacher Ă l’existence] demeure par sa propre force, mĂȘme chez le sage.
2.10 â Dans leur Ă©tat subtil, ces causes de souffrance sont dissoutes en les ramenant Ă leur cause.
2.11 â Lorsquâelles sont actives, elles sont apaisĂ©es par la mĂ©ditation.
2.12 â Les actions accumulĂ©es possĂšdent une racine qui porte ses fruits dans cette vie ou dans dâautres : naissance, durĂ©e de vie et expĂ©riences agrĂ©ables ou douloureuses.
2.13 â Tant que la cause existe, ses effets se manifestent : naissance, longĂ©vitĂ© et expĂ©riences.
2.14 â Les actions vertueuses produisent des fruits agrĂ©ables ; les actions non-vertueuses, des fruits douloureux.
2.15 â Pour celui qui voit clairement, tout est souffrance, en raison du changement, de lâanxiĂ©tĂ©, des empreintes mentales et des conflits entre les tendances du mental.
2.16 â La souffrance qui nâest pas encore venue peut ĂȘtre Ă©vitĂ©e.
2.17 â Cette souffrance provient de la confusion entre lâObservateur et lâobservable.
2.18 â Lâobservable est constituĂ© des trois guáča: lumiĂšre, activitĂ©, inertie. [L’observable] existe pour offrir lâexpĂ©rience et la libĂ©ration Ă lâObservateur.
2.19 â Les Ă©tats de lâobservable sont le spĂ©cifique, le non-spĂ©cifique, le dĂ©fini et lâindĂ©fini.
2.20 â LâObservateur est pure vision. Bien que pur, il voit la personnalitĂ© conditionnĂ©e.
2.21 â Lâobservable existe uniquement pour lâObservateur.
2.22 â Bien que l’observable cesse dâexister pour celui qui est libĂ©rĂ©, il demeure pour les autres, car il est commun Ă tous.
2.23 â Lâunion entre lâObservateur et lâobservable permet de connaĂźtre leur vĂ©ritable nature et de parvenir Ă la libĂ©ration.
2.24 â Lâignorance est la cause de cette union.
2.25 â Quand lâignorance disparaĂźt, lâunion cesse : câest la libĂ©ration de lâObservateur.
2.26 â La connaissance juste, continue et ininterrompue, dissipe lâignorance.
2.27 â Pour celui qui lâa atteinte, la sagesse se dĂ©ploie en sept Ă©tapes. [**]
2.28 â Par la pratique constante des Ă©tapes du Yoga, les impuretĂ©s disparaissent, la lumiĂšre de la sagesse brille, conduisant au discernement.
2.29 â Les huit Ă©tapes du Yoga sont :
â yama,
â niyama,
â Äsana,
â prÄáčÄyÄma,
â pratyÄhÄra,
â dhÄraáčÄ,
â dhyÄna,
â samÄdhi.
2.30 â Les yama sont la non-violence, la vĂ©ritĂ©, la non-appropriation, la chastetĂ© et la non-aviditĂ©.
2.31 â Ces principes sont universels, valables en tout temps, en tout lieu, quelles que soient les circonstances.
2.32 â Les niyama sont la puretĂ©, le contentement, lâaustĂ©ritĂ© sincĂšre, lâĂ©tude spirituelle et la dĂ©votion Ă Dieu.
2.33 â Face Ă une pensĂ©e nĂ©gative, on cultive son contraire.
2.34 â Les pensĂ©es ou actions nĂ©gatives (commises, encouragĂ©es ou approuvĂ©es) quâelles soient faibles, moyennes ou intenses, naissent de lâaviditĂ©, de la colĂšre ou de lâillusion, et produisent toujours ignorance et souffrance. La rĂ©flexion juste consiste Ă reconnaĂźtre quâelles conduisent inĂ©vitablement Ă la douleur.
2.35 â En prĂ©sence de celui qui est fermement Ă©tabli dans la non-violence, toute hostilitĂ© cesse.
2.36 â Quand la vĂ©ritĂ© est parfaitement Ă©tablie, ses paroles portent naturellement leurs effets.
2.37 â Quand la non-appropriation est parfaitement Ă©tablie, toutes les richesses viennent spontanĂ©ment.
2.38 â Quand la chastetĂ© est parfaitement Ă©tablie, la force vitale grandit.
2.39 â Quand la non-aviditĂ© est parfaitement Ă©tablie, la connaissance du sens profond de lâexistence apparaĂźt.
2.40 â De la puretĂ© naĂźt le respect de son propre corps et le dĂ©tachement envers les autres corps.
2.41 â De la puretĂ© naissent la clartĂ©, la joie intĂ©rieure, la concentration, la maĂźtrise des sens et lâaptitude Ă la RĂ©alisation du Soi.
2.42 â Par le contentement, le bonheur suprĂȘme est atteint.
2.43 â Par lâaustĂ©ritĂ© sincĂšre, les impuretĂ©s sont dĂ©truites et les capacitĂ©s latentes se manifestent.
2.44 â Par lâĂ©tude spirituelle, on entre en communion avec la divinitĂ© choisie.
2.45 â Par la dĂ©votion Ă Dieu, le samÄdhi est atteint.
2.46 â La posture doit ĂȘtre stable et aisĂ©e.
2.47 â En attĂ©nuant la tendance Ă lâagitation et en mĂ©ditant sur lâinfini, la posture devient stable et aisĂ©e.
2.48 â Une fois la posture maĂźtrisĂ©e, les dualitĂ©s cessent dâĂȘtre des obstacles.
2.49 â Ensuite vient la rĂ©gulation de lâinhalation et de lâexhalation.
2.50 â Les modifications du souffle sont externes, internes ou immobiles. Elles sont rĂ©gulĂ©es par l’endroit [du corps oĂč elles se produisent], la durĂ©e et le nombre, et peuvent ĂȘtre longues ou courtes.
2.51 â Le quatriĂšme type est l’arrĂȘt spontanĂ© du souffle.
2.52 â Par cette maĂźtrise, le voile qui recouvrait la lumiĂšre intĂ©rieure se dissipe.
2.53 â Lâesprit devient alors apte Ă la concentration.
2.54 â Le retrait des sens consiste Ă les dĂ©tourner de leurs objets pour les ramener vers lâintĂ©rieur.
2.55 â Alors sâĂ©tablit la maĂźtrise parfaite des sens.
[**] Note sur les sutras 2.27 et 2.29:
SamÄdhi, stade de sagesse ultime et aboutissement du Yoga, est la huitiĂšme et derniĂšre Ă©tape implicite, que le sutra 2.29 cite nommĂ©ment. Ces deux sutras dĂ©finissent le Yoga Ashtanga, qui signifie
« Union en huit étapes »
Fin du chapitre SÄdhana PÄda
(Chapitre sur la pratique spirituelle)